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Pourquoi fait-on une fausse couche ?

Une fausse couche, pourquoi ? Quelles sont les différentes causes de fausse couche aux différents stades de la grossesse ?

L’arrêt précoce et spontané de grossesse, communément appelé « fausse couche », est une épreuve fréquente, vécue par de nombreuses femmes et couples chaque année.

Environ 10 à 14% des grossesses s’arrêtent spontanément au cours du 1er trimestre selon les chiffres de la récente étude de l’INED : En France, environ une femme sur cinq vivra une fausse couche au cours de sa vie – août 2026 – qui met la lumière sur cet évènement fréquent mais encore mal documenté.

La plupart des fausses couches (92% d’entre elles) sont dites précoces : avant 14 semaines d’aménorrhée ; elles sont tardives entre 14 et 22 semaines d’aménorrhée. Une grande partie des arrêts de grossesse précoces survient avant même que la femme ait réalisé qu’elle était enceinte.

Dans l’immense majorité des cas, il s’agit d’un accident isolé qui n’a aucun risque de se renouveler. « D’un point de vue médical, l’évènement est considéré comme fréquent et n’aura pas de conséquences sur le succès des grossesses futures », précise le Pr Tournaire.

L’étude de l’INED interroge le sens des mots « fausse couche » : une expression qui peut être remise en cause car elle peut laisser entendre que la grossesse ne serait pas réelle ou que le sentiment de perte vécu par les femmes et les couples serait illégitime. Deux dénominations sont apparues plus récemment : « Perte de grossesse » et « Arrêt précoce de grossesse ». Ils permettent de mieux refléter la diversité des expériences vécues par les femmes, tout en les distinguant d’une autre réalité, celle des interruptions volontaires de grossesse (IVG) et des interruptions médicales de grossesse (IMG). L’expression « fausse couche » reste néanmoins la plus comprise et la plus employée aujourd’hui.

Beaucoup de causes peuvent expliquer une fausse couche même s’il reste toujours une part d’inexplicable

Les raisons qui provoquent une fausse couche varient selon le stade de la grossesse (précoce ou tardive) et selon l’histoire médicale de la femme. Leur exploration permet souvent d’envisager plus sereinement une future grossesse.

L’embryon n’est pas viable

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Réaction naturelle de défense de l’organisme. Une fausse couche isolée n’a rien d’inquiétant, même si elle demeure un évènement qui affecte profondément les femmes. 90% des fausses couches isolées sont dues à une anomalie chromosomique de l’embryon. Dans l’immense majorité des cas, la grossesse suivante se déroulera normalement.
Il peut s’agir de l’expulsion d’un œuf clair. Dans ce cas le processus de fécondation s’est mal déroulé, l’échographie confirme que l’œuf est vide.

Dans certains cas, très rares (1 grossesse sur 2000), la fausse couche peut être attribuée à la présence inexpliquée d’une tumeur bénigne du placenta, appelée « môle hydatiforme ». Elle se manifeste par des hémorragies et une grande fatigue et se diagnostique précisément à l’échographie. La môle hydatiforme se développe aux dépens du tissu placentaire et empêche l’œuf de s’implanter normalement. Elle doit être enlevée rapidement, la plupart du temps par curetage. Un traitement spécifique préventif empêche les récidives.

Malformations utérines

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Une première fausse couche n’alerte pas les médecins. Mais à partir de trois fausses couches, des examens spécialisés (échographie, hystéroscopie, cœlioscopie) peuvent être réalisés.
Des anomalies comme l’utérus cloisonné (séparé par une cloison), bicorne (avec 2 cavités), la présence de fibromes ou de synéchies (cicatrices de la paroi utérine qui gênent l’implantation de l’œuf) peuvent perturber la nidation et le développement de l’embryon. Il en est de même pour les polypes, fibromes, endométriose (prolifération de la muqueuse utérine en dehors de l’utérus). Dans la plupart des cas, une intervention chirurgicale adaptée permet de résoudre le problème, pour permettre la nidation de l’embryon ainsi que son bon développement.

Accidents traumatiques

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Un traumatisme important (accident de la circulation, chute grave, choc abdominal) peut exceptionnellement provoquer une fausse couche. Les sports intenses ou violents (équitation) ne sont pas directement responsables, mais il est recommandé d’adapter son activité physique selon l’avancée de la grossesse.

Facteurs liés au mode de vie

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  • Tabac, alcool et drogues : ils augmentent le risque de fausse couche et de complications.
  • Surpoids et obésité : un indice de masse corporelle (IMC) élevé augmente de 67 % le risque d’une fausse couche précoce ou répétée.
  • Carences alimentaires : un déficit en acide folique peut accroître le risque d’anomalies embryonnaires. L’acide folique est indispensable au bon développement de l’embryon particulièrement de son système nerveux.
  • Stress et manque de sommeil : non directement responsables, mais ils peuvent fragiliser la santé globale.

Exposition environnementale et toxiques

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Certains produits chimiques (solvants, pesticides, perturbateurs endocriniens), la pollution de l’air, et même certaines expositions professionnelles sont associées à un risque plus élevé de fausse couche.

Virus et Infections

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Certaines infections peuvent entraîner une fausse couche et sont dangereuses pour le bon développement de l’embryon. Elles peuvent entraîner des malformations fœtales graves et provoquer des fausses couches :

    • rubéole, varicelle (en cas de non-immunisation),
    • listériose, toxoplasmose,
    • infections génitales (chlamydia, mycoplasmes),
    • virus de l’herpès ou zona.

La plupart du temps, les femmes sont immunisées contre ces maladies, soit en les ayant contractées, soit en étant vaccinées.
Les vaccins vivants atténués sont contre-indiqués pendant la grossesse (rubéole, varicelle), mais d’autres sont recommandés (grippe, coqueluche).

Béance du col

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La béance cervicale est responsable de nombreuses fausses couches tardives (après 14 semaines). Le col ne fait alors plus office de verrou de l’utérus. Un cerclage du col, réalisé à la fin du 1er trimestre, permet à la grossesse de se développer normalement.

Dérèglements hormonaux

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Un déficit en progestérone, en œstrogènes, ou une maladie de la thyroïde peuvent entraîner une fausse couche. Avec un traitement adapté (hormonothérapie ou substitution thyroïdienne), la grande majorité des femmes concernées parvient à mener une grossesse à terme.

Maladies chroniques

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Le diabète mal équilibré, l’insuffisance rénale, l’hypertension sévère ou certaines maladies auto-immunes augmentent le risque de fausse couche. Un suivi médical adapté avant et pendant la grossesse est essentiel pour limiter ces risques. Les femmes qui souffrent de l’une ou l’autre de ces maladies chroniques peuvent prévenir leur médecin spécialiste de leur désir d’enfant afin d’adapter leur traitement avant même le début de la grossesse.

Incompatibilité rhésus

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Si la mère est rhésus négatif et le fœtus rhésus positif, il existe un risque d’allo-immunisation. Sans prévention, les globules rouges du fœtus peuvent être détruits, ce qui entraine l’arrêt de la grossesse. Aujourd’hui, des injections d’immunoglobulines anti-D permettent d’éviter ce risque.

Si votre groupe rhésus est négatif, il est essentiel de le signaler à votre médecin à chaque fausse couche, grossesse extra utérine, IVG, ou transfusion.

Fausse couche tardive

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Une fausse couche est dite tardive entre 14 et 22 semaines d’aménorrhée. Les causes peuvent inclure :

• béance cervicale,
• anomalies utérines,
• infections,
• problèmes du placenta ou du cordon,
• maladies chroniques sévères de la mère.

Elle nécessite un suivi médical particulier et peut justifier des examens plus poussés.

Prévention et suivi après une fausse couche

Après une fausse couche, il est conseillé :

• de consulter pour vérifier que l’utérus est bien vide,
• d’échanger avec son médecin pour comprendre la cause éventuelle,
• d’attendre généralement un à deux cycles avant de retenter une grossesse (sauf indication contraire).

Sur le plan psychologique, un accompagnement peut être essentiel pour traverser le deuil périnatal.

Et en cas de fausses couches à répétition​

​Parfois les fausses couches se répètent. Lorsqu’une femme de moins de 40 ans présente au moins 2 fausses couches spontanées, on parle de fausses couches à répétition. Cela concerne 1,5 % des femmes.

Il est alors recommandé de faire un bilan médical.

L’équipe pluridisciplinaire (infirmière, médecin, diététicienne, psychologue) du service de gynécologie obstétrique de l’hôpital Armand Trousseau de l’AP-HP à Paris propose aux couples faisant face à des grossesses arrêtées à répétition une nouvelle prise en charge en hôpital de jour avec la possibilité de réaliser la plupart des examens nécessaires sur place et dans la journée.

Statistiques récentes

fausse couche pourquoi
  • L’étude INED 2026* montre qu’entre 10 et 14% des grossesse s’arrêtent spontanément avant la 22ème semaine d’aménorrhée :
    • 14% selon l’étude déclarative FECOND,
    • et 10% selon les données administratives du Système national des données de santé (SNDS), les fausses couches y étant moins bien identifiées que dans les enquêtes auprès des femmes.
  • L’âge est le principal facteur de risque d’arrêt spontané de grossesse. Alors que ce risque est autour de 6% entre 25 et 33 ans, il est nettement plus élevé avant 20 ans : 14,5% à 18 ans, et il remonte fortement après 35 ans pour atteindre : 14% à 40 ans, 23,4% à 45 ans (source étude INED*)
  • Le risque de fausse couche varie peu selon le niveau de diplôme de la femme ou sa situation financière. (source étude INED*)
    * En France, environ une femme sur cinq vivra une fausse couche au cours de sa vie | INED

  •  Le surpoids accroît de 67 % le risque de fausses couches précoces ou répétées (Inserm, étude Pelagie).
  •  Exposition aux solvants pendant la grossesse : risque accru de fausse couche et de malformations (Inserm, cohorte Pelagie).

Questions fréquentes

  • t

    Pourquoi fait-on une fausse couche précoce ?

    La plupart sont dues à une anomalie chromosomique de l’embryon. Dans ce cas, la grossesse suivante se déroule souvent normalement.

  • t

    Qu’est-ce qu’un œuf clair ?

    C’est une grossesse où le sac gestationnel est vide. La fécondation a eu lieu mais l’embryon ne s’est pas développé.
  • t

    Quand faut-il consulter après une fausse couche ?

    En cas de saignements abondants, douleurs importantes, ou si la fausse couche n’a pas été confirmée par échographie, il faut consulter rapidement.
  • t

    Après combien de temps peut-on retenter une grossesse ?

    En général, il est conseillé d’attendre 1 à 2 cycles pour laisser le corps se remettre, mais cela dépend de chaque situation médicale.
  • t

    Les fausses couches à répétition sont-elles un signe de maladie ?

    Elles peuvent révéler une anomalie utérine, hormonale ou immunitaire. Des examens spécialisés permettent d’en identifier la cause dans de nombreux cas.
  • t

    Qu'est-ce qu'un curetage ?

    On désigne par curetage, le nettoyage de l’utérus des restes de tissus placentaires. Ce nettoyage a le plus souvent lieu après une fausse couche ou un avortement. Il est souvent remplacé par une aspiration.

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